Ah, la photo numérique ! Certes, elle permet de partager facilement et instantanément des clichés, en y appliquant au passage quelques filtres plus ou moins discrets… mais elle offre aussi (et surtout pour moi) la possibilité d’avoir chez soi, sur son ordinateur, un vrai studio de développement qui exigeait une pièce entière aux temps de l’argentique. Pour en profiter, il faut un peu d’argent pour acheter de bons outils qui durent et qui rendent service. Il faut surtout s’exercer, se planter, tester et apprendre (par exemple en fréquentant comme moi les magnifiques communautés de photographes sur Google +, comme la communauté “Black and white” ou la communauté “HDR“). Aujourd’hui, je commence une série que j’appelle simplement “Avant/après” pour montrer quelques traitements ou retouches simples qui permettent de tirer le meilleur de vos photos. Deux remarques préalables :
  • Choisissez un appareil numérique qui permette de photographier en “RAW”. Le jpg est pratique, mais c’est un format compressé et retraité. Le RAW enregistre en mode “brut” ce qui arrive sur le capteur. Avantages : vous ne perdez aucune information, et vous pourrez reprendre une image dans plusieurs années pour lui appliquer la dernière génération d’algorithme sur le traitement du bruit, par exemple.
  • Je travaille essentiellement avec Lightroom d’Adobe (version 5.6 la plus récente). C’est un logiciel qui permet de gérer sa “photothèque”, de développer les photos, de les imprimer et même de les partager directement sur Facebook, Flickr ou Behance.
Voici donc la première photo à corriger. Je l’ai prise à Cassis (France) : j’ai vu ces personnes profiter du soleil et de la mer, avec les magnifiques contrastes de couleurs entre le ciel, l’eau et le quai. Un bon sujet, avec de jolies lignes structurant l’image, et de la vie :
Avant
Avant
Mais voilà, quand j’ai regardé la photo sur Lightroom, j’ai vu quelques problèmes :
  • J’ai pris la photo rapidement… et l’horizon n’est pas aligné. Un grand classique de la photo à la mer, qu’il est préférable de corriger dans le viseur.
  • Si vous regardez le ciel, il y a des taches dans les nuages.
  • La scène toute entière est un peu sous-exposée, et singulièrement les personnes.
J’ai donc fait quelques corrections en utilisant le panel “Développement” de Lightroom:
Source: Adobe, aide de Lightroom
Source: Adobe, aide de Lightroom
  • Pour obtenir un horizon bien droit, vous cliquez sur le rectangle en haut à gauche : c’est un outil qui sert à tailler l’image (cropping), mais si vous positionnez la souris à l’angle, le curseur se transforme et vous pouvez changer l’angle de la photo. Evidemment, une partie de la photo originale sera coupée (d’où l’intérêt au passage de mettre le maximum d’infos dans la boîte et donc dans le viseur, et de ne pas compter sur Photoshop pour sauver vos photos !).
  • Ensuite, vous cliquez sur le rond à côté du rectangle en haut du panel. Cliquez sur les taches ou autres imperfections que vous voulez corriger. Faites tourner la molette de votre souris pour ajuster la taille de la zone qui sera corrigée (la correction se fait en copiant des pixels comparables : il faut donc parfois s’y prendre à plusieurs fois pour avoir la bonne correction).
  • Un peu plus bas, rectifions l’exposition générale de la photo en faisant glisser le curseur vers la droite. Comme il y a des zones plus sombres (le dos de la petite fille), on peut aussi améliorer la lumière en jouant sur les curseurs “shadows” et “blacks”.
  • Enfin, un ajustement que j’utilise souvent pour donner du peps aux photos: faites bouger le curseur “clarity/clarté”, la précision du trait et le contraste seront renforcés.
Et voilà le résultat, en quelques clics :)
Bord de mer à Cassis, France

Après :

Bord de mer à Cassis, France

Pesto au basilic et pâtes al dente

Les penne au pesto, c’est vraiment l’un de mes plats préférés ! J’aime le mélange du parfum du basilic, du goût salé et acide d’un bon Parmesan et de bonnes pâtes cuites al dente. En plus, fabriquer un pesto pour accompagner des pâtes est très rapide, et on peut inventer des recettes selon les produits et l’imagination du moment ! Mais j’aime aussi revenir à la recette traditionnelle du pesto alla genovese, le “vrai” pesto – enfin, presque, car ce pesto n’est qu’à la mode gênoise : il faut utiliser le basilic de la Ligurie pour fabriquer un pesto genovese, un authentique pesto gênois. Je comprends les Gênois de veiller aussi jalousement sur les ingrédients du pesto, car cette recette est attestée dès le Haut Moyen-Âge, avec la même méthode et les mêmes ingrédients. Il faudrait d’ailleurs utiliser un mortier et un pilon et s’armer de patience pour rester dans la tradition la plus pure du pesto, mais j’ai préféré sauter cette étape faute de temps. Quand les beaux jours arrivent, voilà une tradition que je défends avec plaisir !

PESTO AU BASILIC ALLA GENOVESE

Temps de préparation :

5 minutes

Temps de cuisson :

9 à 12 minutes

Pour 500g de pâtes

Ingrédients

  • 500g de penne rigate au blé dur, fabrication traditionnelle en Italie
  • 50g de basilic (utiliser les feuilles seulement)
  • 1/2 tasse d’huile d’olive vierge.
  • 2 gousses d’ail
  • 5 ou 6 càs de Parmesan. La recette “officielle” prévoit d’ajouter 2 càs de Pecorino.
  • 1 càs de pignons de pin
  • gros sel de mer

Les étapes

  1. Cueillir les feuilles de basilic
  2. Placer les pignons, le gros sel et l’ail dans le bol d’un mixer et mélanger. La recette traditionnelle prévoit de réaliser ce mélange dans un mortier et au pilon.
  3. Ajouter le basilic et mélanger le tout.
  4. Placer le mélange dans un bol, ajouter l’huile et le parmesan et touiller jusqu’à obtenir une pâte homogène.

Cuisez les pâtes al dente : de cette façon, vous aurez des sucres lents. Une cuisson plus longue les transforme en sucres rapides !

Pesto au basilic alla genovese

Le filet américain, ou le Plat pays au coeur

Américain préparé ou filet américain
L’Américain préparé (ou filet américain), une spécialité belge

Avant d’habiter en Belgique, je n’avais jamais mangé de viande crue et le steak tartare que l’on sert à Paris me dégoûtait. Au début, à Bruxelles, gardant mes préventions anciennes, je regardais avec surprise et réticence les gens qui sortaient à la pause de midi des «tartines » ou des « pains garnis » (des sandwiches) à l’ « américain préparé », que l’on me présentait comme la version locale du steak tartare. J’imaginais le ballet endiablé des bactéries dans la viande crue !

Est-ce un effet de mon intégration, mais je suis devenu aujourd’hui un fan inconditionnel de l’américain, accompagné de bonnes frites à la belge (préparées avec un mélange d’huile d’arachide et de graisse de bœuf, avec la fameuse double cuisson).

Pourquoi « américain », alors que cette recette n’a qu’un rapport lointain avec les Etats-Unis ? Personne ne le sait : sans doute une invention d’un restaurateur, dans les années 20, à une époque où le rêve américain arrivait en Europe. Les néerlandophones l’appellent eux « steak tartaar », ce qui renvoie à la recette parisienne. Celle-ci fait référence à un autre mythe, celui de la Russie, de ses steppes et de leurs tribus nomades, comme les Tartares de Gengis-Khan, à qui on attribuait à la fin du XIXe siècle des mœurs fascinantes et exotiques.

Pendant longtemps, les plats à base de viande crue furent réservés à une élite – celle qui allait voir les ballets russes ou écouter les orchestres de jazz. C’est après l’exposition universelle de 1958, qui marqua l’apogée de la Belgique unitaire, riche et triomphante, que la consommation de viande se popularisa et que les brasseries du pays firent de l’ « américain préparé » ou du « steak tartaar » un plat incontournable qui fait aujourd’hui partie de la mémoire collective du pays.

Voici la recette de base, que j’ai un peu modifiée en préférant l’échalote à l’oignon et en éliminant le jaune d’œuf – la viande crue suffit déjà à l’épanouissement des bactéries ! Le secret ? Il est banal : c’est la qualité de la viande, de préférence du filet de bœuf, dont le goût doit être authentique.

Face à la mer du Nord, sur « la Côte » (« de Kust » en néerlandais, et de plus en plus « de Vlaamse Kust »), avec des frites et une Chimay ou une Orval (deux bières trappistes que je vous recommande), un américain, c’est l’expérience de la belgitude , celle des “fancy fair à la fraise” de la chanson d’Alain Souchon.

Le baiser volé


AMERICAIN PREPARE OU FILET AMERICAIN

Temps de préparation :

10 minutes

Temps de cuisson :

Pour 4 personnes

Ingrédients

  • 600g de filet de boeuf haché (bio)
  • cornichons
  • câpres
  • 1 oignon ou 1 échalote
  • persil
  • 1 càs de moutarde
  • 1 càs de mayonnaise
  • 1 càs de ketchup
  • Sauce Worcester
  • Tabasco
  • Sel, poivre
  • (éventuellement)4 jaunes d’oeuf

Les étapes

  1. Hacher finement les cornichons, les câpres, le persil et l’échalote (ou l’oignon).
  2. Mélanger brièvement et énergiquement tous les ingrédients avec le filet de boeuf. Le résultat doit être une pâte homogène.
  3. Servir avec des frites (pour les “tradis”) ou une salade de laitue.
Américain préparé ou filet américain
L’Américain préparé (ou filet américain), une spécialité belge

Les “partenariats” sur les blogs, de la publicité trompeuse ?

Dans la blogosphère, les “partenariats” sont partout : un(e) blogueur/euse annonce qu’une entreprise (fabricant, distributeur,…) est son “partenaire”, présente une recette réalisée avec un produit du partenaire. Le tout s’accompagne en général de l’insertion du logo du “partenaire” en page d’accueil. Pourtant, rares sont les blogs, il faut bien le… Lire la suite